Le décret BACS bâtiment oblige les propriétaires et exploitants de bâtiments non résidentiels à équiper leurs installations CVC d'un système de régulation automatique. Les échéances approchent. Voici ce que cela change concrètement pour votre site.
Qu'est-ce que le décret BACS ?
Le décret BACS (Building Automation and Control Systems) transpose en droit français la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD, 2018/844/UE). Il est publié au Journal officiel sous le décret n° 2020-887 du 20 juillet 2020, consultable sur Légifrance.
L'objectif est simple : automatiser la régulation du chauffage, de la ventilation et de la climatisation (CVC) pour réduire les consommations énergétiques. Un système BACS permet de piloter, surveiller et optimiser ces équipements en temps réel.
Qui est concerné ? Les seuils à connaître
Le décret cible les bâtiments non résidentiels équipés de systèmes de chauffage ou de climatisation. Deux critères déclenchent l'obligation :
- Puissance nominale utile du système de chauffage supérieure à 290 kW
- Puissance nominale utile du système de climatisation supérieure à 290 kW
En dessous de ce seuil (entre 70 kW et 290 kW), l'obligation porte sur la mise en place d'une régulation automatique par pièce ou zone, sans nécessairement déployer une GTB complète. Les bâtiments résidentiels sont exclus du périmètre.
Sont donc directement visés : immeubles de bureaux, hôtels, centres commerciaux, établissements de santé, sites industriels tertiaires. Un hôtel parisien de 150 chambres avec une chaufferie centralisée dépasse généralement ce seuil.

Calendrier réglementaire : les dates à ne pas manquer
| Échéance | Obligation | Périmètre |
|---|---|---|
| 1er janvier 2025 | Installation d'un système BACS | Bâtiments non résidentiels existants ≥ 290 kW |
| 1er janvier 2025 | Régulation automatique par zone | Bâtiments non résidentiels existants 70-290 kW |
| Bâtiments neufs | BACS obligatoire dès construction | Tous bâtiments non résidentiels neufs ≥ 70 kW |
L'échéance de janvier 2025 est déjà passée pour les parcs existants. Si votre bâtiment n'est pas encore équipé, vous êtes en situation de non-conformité. Une mise en demeure ou une sanction administrative peut s'ensuivre lors d'un contrôle.
« Le non-respect du décret BACS peut entraîner des sanctions et compromettre les certifications environnementales du bâtiment (HQE Exploitation, BREEAM In-Use). »
Impact concret sur votre installation GTB
Mettre en conformité un site existant implique plusieurs étapes techniques. Un audit préalable de l'installation CVC est indispensable pour évaluer le niveau de régulation existant.
- Inventaire des équipements CVC : chaudières, climatiseurs, ventilo-convecteurs, CTA, PAC
- Évaluation du protocole de communication : BACnet, Modbus, KNX, LON
- Définition du niveau BACS requis : la norme EN ISO 52120-1 définit quatre classes (A, B, C, D)
- Intégration à la supervision existante ou déploiement d'une nouvelle GTB
- Formation des équipes maintenance et paramétrage des seuils d'alerte
Pour les gestionnaires de réseaux multi-sites — enseignes retail, groupes hôteliers, foncières — la complexité se démultiplie. Il faut harmoniser les protocoles sur des dizaines de bâtiments répartis sur tout le territoire.
ELTBAT intervient sur ce type de déploiement national : audit technique, conception des architectures GTB, installation des équipements CVC et courants faibles associés (câblage, automates, supervision). Les équipes interviennent aussi bien à Paris, Lyon, Lille, Marseille ou Strasbourg, avec une coordination centralisée.
Pour cadrer précisément le périmètre technique avant travaux, une mission de maîtrise d'œuvre en génie électrique et climatique permet d'éviter les erreurs de dimensionnement et les surcoûts. Une étude de conception dédiée formalise ensuite les choix d'architecture BACS.
Selon l'ADEME, une GTB bien paramétrée peut réduire la consommation énergétique des systèmes CVC de 15 à 30 %. C'est un levier directement valorisable dans le cadre du décret tertiaire.
Si vous n'avez pas encore évalué votre situation, un audit technique BACS est le point de départ logique. Il chiffre l'investissement, identifie les aides disponibles (CEE, MaPrimeRénov' tertiaire) et planifie les travaux. Demandez un devis personnalisé pour votre site.
Foire aux questions
Q : Le décret BACS s'applique-t-il aux bâtiments industriels ?
Oui, dès lors que le bâtiment est à usage non résidentiel et dépasse les seuils de puissance CVC (290 kW ou 70 kW selon l'obligation). Les ateliers, entrepôts chauffés et plateformes logistiques sont donc concernés.
Q : Quelle est la différence entre une GTB et un système BACS ?
BACS est le terme réglementaire européen (Building Automation and Control Systems). La GTB (Gestion Technique du Bâtiment) est son équivalent français. En pratique, les deux désignent le même type de système de supervision et de régulation automatique des équipements CVC.
Q : Existe-t-il des exemptions au décret BACS ?
Oui. Les bâtiments dont les systèmes CVC ont une puissance inférieure à 70 kW sont exemptés. De même, lorsque le coût de mise en conformité dépasse les économies d'énergie générées sur la durée de vie du système, une dérogation peut être justifiée — mais elle doit être documentée et démontrable.
