L'étude éclairage open space bureaux est une étape incontournable avant tout chantier de fit-out tertiaire. Un calcul mal conduit génère éblouissement, fatigue visuelle et non-conformité réglementaire. Voici la méthode, étape par étape.
La norme EN 12464-1 : le cadre qui s'impose
La norme européenne NF EN 12464-1 fixe les exigences minimales pour l'éclairage des lieux de travail intérieurs. Elle s'applique à tout plateau de bureaux, en France comme dans l'Union européenne.
Pour un open space dédié à des tâches sur écran, les valeurs cibles sont claires :
- Éclairement moyen maintenu (Ēm) : 500 lux sur le plan de travail
- Uniformité minimale (Uo) : 0,60 (rapport éclairement minimum / moyen)
- Indice d'éblouissement unifié (UGR) : ≤ 19
- Indice de rendu des couleurs (IRC) : ≥ 80
- Température de couleur recommandée : 4 000 K (blanc neutre)
Ces seuils ne sont pas optionnels. En cas de sinistre ou de contentieux prud'homal lié aux conditions de travail, la conformité à EN 12464-1 sera vérifiée.
Calcul du flux lumineux : la méthode des lux
Avant d'ouvrir un logiciel de simulation, le bureau d'études applique la méthode des lux (ou méthode du flux global) pour dimensionner rapidement le projet.
La formule de base :
N = (Ēm × S) / (Φ × UF × MF)
N = nombre de luminaires — Ēm = éclairement cible (lux) — S = surface (m²) — Φ = flux d'un luminaire (lm) — UF = facteur d'utilisation — MF = facteur de maintenance
Le facteur de maintenance MF tient compte du vieillissement des sources et de l'encrassement. Pour des LED de bureau avec nettoyage annuel, on retient généralement MF = 0,80.
Exemple concret : un plateau de 300 m² (longueur 20 m, largeur 15 m, hauteur sous plafond 2,70 m). Avec des luminaires encastrés LED 36 W / 4 000 lm, UF = 0,60, MF = 0,80 :
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Ēm cible | 500 lux |
| Surface S | 300 m² |
| Flux Φ par luminaire | 4 000 lm |
| UF | 0,60 |
| MF | 0,80 |
| Nombre de luminaires N | ≈ 78 appareils |
Ce calcul donne un ordre de grandeur. La simulation logicielle (DIALux, Relux) affine ensuite la disposition et vérifie l'uniformité poste par poste.

Maîtriser l'éblouissement : comprendre l'UGR
L'UGR (Unified Glare Rating) quantifie la gêne visuelle causée par les luminaires vus en champ de vision direct. Plus l'UGR est élevé, plus l'éblouissement est important.
Pour un poste de travail sur écran, la norme EN 12464-1 exige un UGR ≤ 19. Au-delà, les salariés souffrent de fatigue oculaire et de baisse de productivité.
Les leviers pour réduire l'UGR :
- Choisir des luminaires avec diffuseur opale ou grille antiéblouissement (UGR < 19 garanti par le fabricant)
- Orienter les luminaires perpendiculairement à l'axe principal de vision (rangées parallèles aux fenêtres)
- Éviter les sources nues à haute luminance (spots dichroïques, dalles LED sans diffuseur)
- Adapter la hauteur de montage : plus le luminaire est haut, plus l'UGR diminue
Sur un plateau parisien récent traité par ELTBAT, le passage de dalles LED nues à des appareils avec grille microlamellaire a ramené l'UGR de 22 à 17 sans modifier l'implantation existante.
Implantation des luminaires : les règles d'or
Un bon calcul de flux ne suffit pas. La disposition des appareils conditionne l'uniformité et le confort visuel sur chaque poste.
Règles d'implantation à respecter :
- Espacement maximal entre luminaires : distance / hauteur de montage ≤ 1,5 (ratio e/h)
- Rangées parallèles aux façades vitrées pour limiter les contrastes jour/nuit
- Zone de 0,5 m autour des cloisons : prévoir des appareils dédiés pour éviter les zones d'ombre
- Intégrer les détecteurs de présence et la gradation dès la phase conception (conformité décret tertiaire)
Pour les projets multi-sites — déploiements retail ou sièges sociaux sur Lille, Lyon, Bordeaux — ELTBAT centralise la conception en bureau d'études et décline l'implantation site par site, garantissant une cohérence d'éclairage et de consommation énergétique sur l'ensemble du parc.
Consultez notre page étude et conception électrique et éclairage pour comprendre notre approche projet, ou demandez directement un devis d'étude d'éclairage adapté à votre plateau.
La simulation DIALux produit un rapport avec cartographie des isolux, valeurs UGR poste par poste et bilan énergétique. Ce document constitue une pièce du DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés) remis en fin de chantier, comme pour nos réalisations tertiaires.
Pour aller plus loin sur l'optimisation énergétique de vos sites tertiaires, consultez notre article sur l'autoconsommation photovoltaïque en parc tertiaire multi-bâtiments.
Foire aux questions
Quelle différence entre une étude éclairage sommaire et une simulation DIALux complète ?
La méthode des lux donne un nombre de luminaires en quelques minutes, mais ne contrôle pas l'uniformité ni l'UGR poste par poste. DIALux ou Relux simulent la photométrie réelle de chaque appareil et produisent un rapport de conformité EN 12464-1 opposable.
L'UGR est-il garanti par le fabricant de luminaires ?
Oui, pour les luminaires conformes EN 12464-1, le fabricant fournit une table UGR (valeurs selon la géométrie de la pièce et la disposition). Ces tables sont intégrées dans DIALux via les fichiers photométriques IES ou LDT fournis par le fabricant.
La gradation automatique est-elle obligatoire en open space tertiaire ?
Le décret tertiaire (dispositif Éco Énergie Tertiaire) impose des réductions de consommation de 40 % d'ici 2030 sur les bâtiments de plus de 1 000 m². La gradation couplée à la détection de présence est l'un des moyens les plus efficaces pour atteindre cet objectif sans réduire le confort visuel. Elle n'est pas obligatoire à ce jour par une norme unique, mais fortement recommandée dans toute étude sérieuse.
