Les obligations IRVE issues de la loi LOM et du décret tertiaire s'imposent progressivement aux immeubles de bureau. Pourtant, raccorder des bornes de recharge dans un bâtiment existant n'est pas anodin : la puissance disponible au TGBT est souvent saturée. Voici comment mener l'étude de faisabilité raccordement IRVE immeuble tertiaire existant étape par étape.
Ce que la réglementation impose concrètement
Depuis le 1er janvier 2025, tout parc de stationnement de plus de 20 emplacements accolé à un bâtiment tertiaire doit pré-équiper au moins 20 % de ses places (article L.111-3-4 du Code de la construction). Le pré-câblage suffit dans un premier temps, mais les bornes opérationnelles doivent suivre.
La loi d'orientation des mobilités (LOM) et ses décrets d'application précisent les seuils selon la taille du parc et la date de construction. Consultez le texte consolidé sur Légifrance pour les cas particuliers (parkings souterrains, immeubles en copropriété mixte).
Étape 1 — Bilan de puissance disponible au TGBT
C'est le point de blocage le plus fréquent. Un immeuble tertiaire des années 1990-2010 dispose généralement d'un contrat HTA ou BT dimensionné pour l'éclairage, la climatisation et l'informatique — pas pour la mobilité électrique.
Le bilan de puissance consiste à mesurer la charge réelle du TGBT sur 7 à 14 jours (enregistrement de courbe de charge) et à comparer avec la puissance souscrite. La puissance résiduelle disponible détermine le nombre de bornes immédiatement installables sans travaux réseau.
- Mesure de la charge de pointe (kW) sur les 30 minutes les plus chargées
- Relevé du calibre des jeux de barres et des disjoncteurs de tête
- Vérification du contrat de soutirage Enedis (kVA souscrits)
- Cartographie des départs disponibles au TGBT ou au TGBT-parking
Un immeuble de 5 000 m² avec 50 places de parking peut théoriquement nécessiter de 50 à 150 kW additionnels selon le niveau de charge visé (7,4 kW par point en AC monophasé ou 22 kW en triphasé). La gestion dynamique de charge réduit ce besoin de 40 à 60 %.

Étape 2 — Diagnostic du TGBT et options de renforcement
Un audit électrique du TGBT existant révèle souvent trois situations. Prenez-les dans l'ordre avant de chiffrer quoi que ce soit.
| Situation TGBT | Action requise | Impact délai |
|---|---|---|
| Puissance résiduelle suffisante | Création de départs directs depuis le TGBT | 2 à 4 semaines |
| Jeux de barres saturés, transformateur OK | Ajout d'un sous-TGBT dédié IRVE | 4 à 8 semaines |
| Transformateur ou contrat sous-dimensionné | Renforcement TGBT IRVE + démarche Enedis (mise en puissance) | 3 à 9 mois |
Le renforcement TGBT IRVE peut inclure le remplacement du transformateur HTA/BT, l'ajout d'une cellule de comptage ou la création d'un TGBT secondaire dédié au parking. Ces travaux impactent la continuité de service : planifiez les coupures avec les occupants.
Pour les immeubles multi-locataires, la refacturation par badge RFID ou par contrat individuel impose aussi de prévoir un comptage divisionnaire conforme à la norme NF EN 61851-1 (AFNOR).
Étape 3 — Phasage des travaux et pilotage dynamique
Un déploiement IRVE en immeuble tertiaire existant ne se fait pas en une seule fois. Le phasage permet de lisser l'investissement et de gérer les contraintes d'occupation.
- Phase 0 : audit électrique + bilan de puissance disponible IRVE tertiaire
- Phase 1 : pré-câblage réglementaire (fourreaux, câbles, protections)
- Phase 2 : installation des premières bornes sur les places prioritaires (handicapés, véhicules de service)
- Phase 3 : déploiement progressif avec système de gestion dynamique de charge (SGDC)
- Phase 4 : renforcement du contrat Enedis si le taux d'usage le justifie
Le système de gestion dynamique de charge est clé : il répartit intelligemment la puissance disponible entre les bornes actives, évite le dépassement de puissance souscrite et rend inutile un renforcement immédiat du réseau. L'ADEME recommande son intégration dès la phase de conception.
Cette logique de pilotage s'articule naturellement avec une architecture GTB et comptage énergie existante : les données de charge IRVE alimentent le suivi des consommations en temps réel.
Rôle du DOE et de l'étude de conception amont
Toute intervention sur le TGBT d'un immeuble existant impose de disposer des plans à jour : schémas unifilaires, bilans de puissance initiaux, carnet de câbles. Sans ces documents, l'audit prend deux fois plus de temps.
Si le DOE est incomplet ou absent — situation fréquente sur les bâtiments des années 1980-2000 — une mise à jour du DOE génie technique doit précéder l'étude IRVE. C'est un prérequis, pas une option.
ELTBAT intervient sur ce type de missions en Île-de-France et dans les grandes métropoles (Lille, Lyon, Marseille, Strasbourg) pour des property managers gérant des portefeuilles multi-sites. Demandez une étude de conception IRVE adaptée à vos contraintes techniques et réglementaires.
Pour cadrer le périmètre avant toute commande, une mission d'audit électrique préalable permet de qualifier rapidement la faisabilité et d'identifier le niveau de renforcement nécessaire. Elle conditionne la fiabilité du chiffrage final.
« La borne de recharge électrique en bureau existant n'est pas un simple ajout électrique : c'est une infrastructure qui se conçoit comme un projet de génie électrique à part entière. »
Une fois le périmètre technique stabilisé, la phase de réalisation peut démarrer avec un phasage coordonné entre les travaux électriques, le génie civil (fourreaux, tranchées) et les systèmes de gestion.
Foire aux questions
Combien coûte une étude de faisabilité IRVE en immeuble tertiaire ?
Selon la taille du site et la complexité du TGBT, une étude complète (audit électrique + bilan de puissance + rapport de faisabilité) représente généralement entre 2 000 et 8 000 € HT. Ce coût est marginal par rapport aux travaux de renforcement qui peuvent atteindre 50 000 à 200 000 € HT sur un grand parc.
Le système de gestion dynamique de charge est-il obligatoire ?
Il n'est pas explicitement obligatoire dans tous les cas, mais il est fortement recommandé dès que le nombre de bornes dépasse 10 points de charge. Il permet d'éviter le renforcement du contrat Enedis et réduit significativement le coût global de l'installation IRVE tertiaire.
Quelle est la durée typique d'un projet IRVE de A à Z en immeuble existant ?
De l'audit initial à la mise en service des premières bornes, comptez 3 à 6 mois en cas de puissance disponible suffisante. Si un renforcement réseau Enedis est nécessaire, la durée peut atteindre 9 à 18 mois selon les délais de raccordement du gestionnaire de réseau.
